segunda-feira, 9 de fevereiro de 2015

Capitalismo de compadrio

Eis um artigo, publicado na Contrepoints sobre o capitalismo de compadrio onde se destacam um banqueiro zombie (the zombie banker) e um político que se encontra detido.
"Le Portugal est en crise, personne ne peut le nier. Certes, la conjoncture s’améliore petit à petit, le taux de chômage diminue, l’activité économique repart, l’endettement recule, mais la situation reste difficile. Je pense que cette crise est une crise du capitalisme de connivence, ce système où l’État soutient certaines entreprises, soit qu’il cède à leur pression par corruption, soit que ce soit de sa part une volonté délibérée à des fins politiques. Deux événements, deux symptômes, sont révélateurs de cette crise du capitalisme de connivence : l’écroulement de l’empire financier Espírito Santo et la chute de l’ancien premier ministre socialiste José Sócrates. Néanmoins, il est intéressant de remonter à l’étymologie du mot crise, le terme grec krisis signifiant « jugement, décision », la crise pouvant donc se comprendre comme le moment charnière où tout doit se décider. Paradoxalement, ces deux symptômes pourraient donc être de bonnes nouvelles et présager de l’effondrement du capitalisme de connivence portugais, pour revenir à un système sain.
Premier symptôme : l’effondrement de l’empire Espírito Santo.Le premier acte s’est joué cet été avec la faillite de Banco Espírito Santo, deuxième plus grande banque du pays, suite à la découverte en juillet d’actions frauduleuses qui ont conduit à des pertes historiques de plus de 3,5 milliards d’euros au premier semestre 2014. Le feuilleton financier de l’été s’est poursuivi depuis, avec la résolution forcée de la banque, la faillite des différentes holdings luxembourgeoises du groupe à l’automne 2014, mais aussi l’internationalisation de l’affaire avec des répercussions à Miami, à Panama ou encore en Angola. Un vaste réseau de fraude a donc été découvert et détruit. En parallèle, c’est tout un système de détournement des liquidités vers l’empire Espírito Santo et ses alliés qui a été anéanti, permettant une réallocation des ressources salutaire pour le pays. Mais l’affaire Espírito Santo, c’est aussi un homme : Ricardo Salgado, le patriarche de la famille, surnommé « Dono disto tudo », c’est-à-dire « le maître de tout ça », tout ça désignant le Portugal… Ricardo Salgado, arrêté le 24 juillet 2014 pour « fraude, abus de confiance, falsification et blanchiment de capitaux ».
 Ricardo Salgado, figure type du capitalisme de connivence et grand ami de José Sócrates, l’ex-premier ministre déchu.Second symptôme : la chute de l’ancien Premier ministre socialiste José Sócrates. Qui était donc ce fameux José Sócrates, qui avait régné sur le Parti Socialiste comme Ricardo Salgado avait régné sur l’empire Espírito Santo ? José Sócrates, c’est toute une carrière d’affaires louches. En 1996 déjà, lorsque l’Université indépendante de Lisbonne lui accorde un diplôme d’ingénieur dans des conditions suspectes. Affaire classée sans suite, le ministère de la Science ordonnant, suite à l’enquête, la fermeture de ladite université pour cause d’irrégularités et d’erreurs pédagogiques… Ministre de l’Environnement, il sera mis en cause pour avoir, sous la pression de son oncle et de son cousin, joué de son influence pour permettre l’implantation d’un « usine center » Freeport sur les rives du Tage. Son ami le procureur José da Mota aurait fait pression sur les personnes chargées du dossier afin qu’elles arrêtent toute investigation. Sócrates sera blanchi faute de preuve. Enfin, Premier ministre de 2005 à 2011, il multipliera les partenariats public-privé douteux qui participeront à la ruine des finances publiques portugaises.
Il finira par tomber peu après son compère Ricardo Salgado, le 24 novembre 2014, placé en détention provisoire pour « fraude fiscale, corruption et blanchiment d’argent ». Installé à Paris depuis 2011 pour faire des études de philosophie, son train de vie fastueux ne correspondait pas à ses revenus déclarés et avait fini par éveiller les soupçons" Texto Brice Alves)

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